2025 : Brahim Diaz rate sa panenka devant des millions de téléspectateurs dans une finale de CAN complètement folle. Désiré Doué humilie la défense de l’Inter et rapporte un titre bien mérité à Paris.
Mais alors quel a été l’événement sportif le plus regardé de cette année? Aucun des deux. C’était France-Ecosse au rugby.
*Est-ce que le monde il est à l’envers ou c’est moi qui est à l’envers ?*
Les audiences des Bleus ont été battues par le XV de France. 60% des 15-34 ans ont déclaré regarder le Tour de France. Et, outre la présence de Squeezie aux championnats du monde, les licenciés de fléchettes ont doublé en un an.
Oui. Les fléchettes.
On pensait que l’avenir du sport serait à l’hyper-optimisation du corps, ou aux nouveaux formats comme le padel ou la King’s League. Il semblerait au contraire que le futur se trouve au PMU du coin et sur la télé de nos grands-parents.
Mais que se passe-t-il ? Pourquoi ces sports sont devenus aussi populaires ? Et qu’est-ce que ça raconte de nous ?
D’abord, on va parler français : regarder du sport ça coûte BEAUCOUP trop cher. Si vous avez essayé d’aller au Parc récemment, supporter le Pariiiiis SGGGGGG (tous ensemble on chantera, cet amour qu’on a pour toi…), vous avez probablement fini votre soirée dans un bar. C’est devenu hors de prix. Maintenant allez faire un tour au Stade Français, les premiers billets sont à 12€. Les fléchettes coûtent le prix d’une pinte et le Tour de France coûte… bah rien. Dans un monde où tout devient hors de portée, les sports populaires sont un refuge pour le portefeuille.
Ensuite, ces sports répondent à un besoin d’authenticité. On en a marre du spectacle à outrance, des images IA, des machines à cash comme le foot ou le basket. On cherche l’ambiance chaleureuse des copaings au rugby, des bas-côtés du Tour de France ou des championnats du monde de fléchettes qui sont des safe places dans un monde superficiel.
Et derrière tout ça, il y a peut-être quelque chose de plus profond : 1 Gen Z sur 2 se sent seul en France. Et que fait-on quand on est seul ? On cherche à rentrer dans un collectif. Spoiler alert : c’est exactement ce qu’on trouve dans ces sports. L’apéro avec des inconnus ou la caravane avant le passage du Tour de France, le paquito à la troisième mi-temps au rugby, l’arrivée des joueurs aux championnats du monde de fléchettes. Est-ce que ça serait pas ça le bonheur au fond ?
Accessibilité, authenticité, et rituels collectifs, la Gen Z retrouve dans sa consommation de sport ce qu’elle peine à trouver dans sa vie. Elle rentre donc dans ces petites bulles pour sortir du chaos du monde.