Bonne nouvelle : la plage des culs nus n’en verra plus beaucoup cet été.

Une loi allemande est discrètement ressortie du blockhaus, une loi qui datait de 1956 et dont le retour a fait l’effet d’une bombe : les hommes allemands de 17 à 45 ans qui veulent partir plus de trois mois à l’étranger doivent désormais demander une autorisation au ministère des armées pour quitter le territoire. Canon nan ?

Alors si la nouvelle avait déjà bousculé nos “amis” allemands, elle n’est parvenue à nos oreilles que plus tard en France, lors du week-end de Pâques (cet œuf là on aurait préféré ne pas le trouver). Mais au-delà de l’anecdote, un truc un peu moins drôle s’est invité dans la conversation : et si la guerre en Europe sortait des manuels d’Histoire ?

Et oui, on le sait déjà, l’Europe, éternelle force tranquille, se réarme. Macron annonce un service militaire volontaire, l’Allemagne, le Danemark, même la Lettonie mettent la conscription sur la table, la défense est plus que jamais une priorité européenne. Mais alors, que pense la génération la plus concernée ? Une génération sans service militaire obligatoire se sent-elle prête à prendre les armes ?

Bon déjà, loin du déni, les jeunes Français sont plutôt lucides sur le risque de guerre en Europe. On n’a certes pas connu les tranchées (les boomers non plus d’ailleurs) mais on a grandi avec notre propre lot de crises bien pourries : attentats, Covid, défaites à l’Eurovision… Bref, on a intégré très tôt que le monde pouvait bouger sans prévenir (petite pensée à Barbara Pravi). 47% des 18-25 ans pensent qu’une guerre pourrait avoir lieu sur le sol français et 58% envisagent un conflit mondial. Chez la Gen Z, la guerre n’est pas une abstraction lointaine, c’est un scénario plausible.

Donc si on assume le risque de guerre, sommes-nous prêts pour autant à nous engager sous les drapeaux ? Force et honneur c’est bien ça qu’on dit non ? Loin du narratif du zoomer égoïste et nombriliste (on commence à avoir l’habitude), les zoomers sont plutôt favorables à l’engagement dans l’armée : 57% s’engageraient dans les armées si la France était directement attaquée, 62% sont favorables au retour du service militaire obligatoire, et même 82% font confiance à l’armée, c’est plus qu’à l’école et largement plus qu’au gouvernement.

Donc on résume : une génération qui 1) s’attend au pire et 2) serait plutôt ouverte à l’idée de défendre le pays. Alors où est la douille ? On accepterait de se battre, oui, mais pas pour n’importe quoi, ni pour n’importe qui. 

La Gen Z refuse de se sacrifier pour la mère patrie. Selon une récente étude de la Fondation Jean Jaurès, avant de s’engager, les zoomers interrogent le sens du conflit : est-ce une guerre juste, défensive, nécessaire ? Défend-on réellement des populations, des valeurs, un territoire, ou s’agit-il d’une décision politique contestable, difficile à justifier ? On ne servira pas de chair à saucisses, non, non.

Ensuite, comme disait Jean-Jacques (Rousseau pas Goldman), il y a la question du contrat social. L’engagement n’est pas envisagé comme un devoir automatique (comme les antibiotiques), mais comme une forme de réciprocité. C’est donnant, donnant : si l’État protège et garantit un minimum de justice, alors l’idée de s’engager devient acceptable. Dans le cas contraire, elle perd sa légitimité.

Le problème n’est pas un refus de s’engager, mais un refus de le faire à l’aveugle, no offense Gilbert. Mobiliser la Gen Z passera par la reconstruction d’une forme de confiance : expliquer pourquoi un tel engagement serait nécessaire et démontrer qu’il est juste.

Mais bon, chez Ok Zoomer on continue à imaginer la paix.

YOU MAY SAY I’M A DREAMEEEEEEER

Bisous des bisounours