Allô le monde est-ce que tout va bien ? Allô le monde on n’y comprend plus rien.
Dernièrement, plusieurs moments clefs sur l’environnement se sont enchaînés comme le G7 pour l’écologie, et le Jour du dépassement de la Terre pour la France (le 24 avril). Si tu es passé à côté, rassure toi : nous aussi, et c’est pas vraiment étonnant…
Si on en croit le dicton : pas de nouvelles, bonne nouvelle ? On pourrait croire que tout va bien, sauf que non.
2025 était la troisième année la plus chaude jamais enregistrée sur Terre. Cette même année, près de 80% des catastrophes climatiques ont été aggravées par le réchauffement climatique.
Pourtant, l’intérêt envers la cause climatique semble plus bas que jamais.
Le dérèglement climatique n’est considéré comme domaine d’action prioritaire que par 46% des Français, soit une baisse de 11 points sur trois ans, loin derrière l’insécurité et le pouvoir d’achat. Autrement dit, dernièrement Natacha est plus tendue par son portefeuille que par le climat.
Tandis que les manifs et autres marches pour le climat se vident (18 500 personnes à Paris en 2019, 2 800 en 2025) l’ouverture du Tasty Crousty des Halles, a, lui, réuni plus de 3 000 personnes. On juge pas, chacun ses priorités la team.
Le mouvement des manifs est même devenu “climat, justice, liberté” preuve que le climat seul ne rassemble plus. Bref, aujourd’hui, même le Tasty Crousty met une tempête au « plus grand enjeu du siècle » comme on l’appelait encore fin 2022.
Mais si on n’entend plus parler de l’environnement aujourd’hui, est-ce que c’est vraiment parce que tout le monde s’en fout ?
Pas sûr. Il y a des gens à qui ça profite peut-être que le sujet soit mis sous le tapis…
Tout ce beau manège a commencé par un homme : le protagoniste du “Drill, baby, drill !” Oui, Donald Trump. Qui est étonné ? Dès sa réélection, il s’est retiré des accords de Paris. Et plus récemment, le mec qui appelle le réchauffement climatique un « canular » depuis des années, a effacé la base légale de toute la politique environnementale américaine. Zuper. En tout, pas moins de 304 reculs réglementaires ont été recensés en un an. Trump : meilleur speedrunner du siècle ? Ou bien le pire ? Tout est question de point de vue…
Malheureusement, les médias ont, sans surprise, suivi le mouvement. En 2013, le Washington Post se vantait d’avoir triplé l’effectif de sa rédaction climat. Treize ans plus tard, ce même journal a viré 300 journalistes, dont la majorité couvrait l’environnement. Au delà de ça, à l’échelle mondiale, la couverture médiatique du changement climatique a chuté de 14% en 2025 par rapport à l’année précédente, et de 38% depuis 2021.
En France, on a la même. Dans les médias, l’écologie se fait écraser sous les thèmes de la sécurité et de l’immigration. Les sujets environnementaux ne représentent plus que 4,5% du temps d’antenne en France, un recul de 22% entre 2025 et 2026. Un petit ajout qu’on aurait bien soufflé à Alloncle pour son rapport sur la neutralité des médias publics…
En vrai, le désert vert qui s’étend dans les rédactions, c’est une conséquence d’une priorité des français donnée à d’autres sujets que l’environnement (dans la France à Macron, on fait ce qu’on peut…). Mais c’est aussi une stratégie politique et médiatique qu’on ne peut pas ignorer. Donc oui, la situation impacte tout l’écosystème médiatique, jusqu’à donner l’impression que plus personne n’en parle. Parce que factuellement, oui, plus personne n’en parle.
Sauf que penser que le silence médiatique pourrait finir par abattre les valeurs qu’on défend, ça nous déprime vraiment chez les Zoomers. Alors qu’est-ce qu’on peut faire de notre petite place ?
On peut se mobiliser contre la démobilisation climatique. Parce que la vraie performance du siècle c’est peut-être pas de courir 42 km en portant le poids de notre sac à dos mais peut être de marcher 3 km en portant le poids de nos valeurs. Allez biz, on vous attend à la prochaine manif.