From baby boom to baby crash

On parlait de crise en 2025, force est de constater qu’on n’est pas près d’en voir le bout. On a commencé 2026 en apprenant que, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, Il y a désormais plus de décès chez les papy-boomers que de naissances chez les baby bêta. (Pour ceux qui n’ont pas la ref, la Gen bêta, c’est celle qui est née à partir de 2025… ça nous rajeunit pas !). Une info qui nous concerne en particulier nous, la Gen Z, car seulement 55% d’entre nous souhaitent devenir parent. Pourquoi notre génération veut-elle moins d’enfants ? Et pourquoi personne n’arrive à nous convaincre du contraire ?

En réalité, c’est assez simple. Il suffit d’observer le contexte global : instabilité politique, crise climatique, sentiment d’incertitude permanent… Ce climat général anxiogène nous inquiète et on a dû mal à y projeter l’idée d’y construire un avenir avec nos minis nous. Ces peurs qui nous animent nous valent d’être taxé de génération anxieuse, ou encore de Ginks – Green Inclination, No Kids – (quand les peurs concernent majoritairement la crise climatique, t’as capté). Mais est-ce bien nous le problème, sommes-nous trop paranos ? Car c’est justement parce que nous accordons une grande importance à la place d’un enfant que nous nous soucions du monde dans lequel il grandira. Disons le… faire des bébés quand l’aperçu de l’avenir ressemble à un épisode de Black Mirror, en pire, ce n’est pas hyper vendeur.
Rappelons aussi qu’à l’âge où nos parents faisaient des enfants, nombre d’entre nous sont encore en études, en galère de logement ou en CDD perpétuel. Donc est-ce vraiment une question d’envie ou plutôt de possibilité ? Car avec une indépendance qui arrive toujours plus tard, difficile de se projeter parent. Bah oui : How can I be a parent if I’m still being parented ?

C’est aussi un phénomène qu’on ne peut décorréler de la situation des femmes dans la société. À une époque où les femmes peuvent “presque” décider de leur destin et devenir les ladyboss qu’elles méritent, certaines doivent encore arbitrer entre parentalité et ambition professionnelle. Oui, on vous entend les boomers, on a de la chance, les choses ont changé : les femmes ont plus de droits, blablabla. Mais ça n’efface pas le fait qu’avoir un enfant représente aujourd’hui encore un énorme coût pour les femmes. Ce décalage, certains le qualifient de « guerre des genres » : d’un côté, une émancipation féminine qui s’accélère ; de l’autre, une organisation sociale encore très patriarcale qui évolue trop lentement.
Par ailleurs, la société façonne plus largement notre rapport au collectif et la place qu’elle accorde aux enfants. En France, l’individualisme progresse et leur présence devient un allergène : espaces No Kid, débats sur les wagons sans enfants… Un contraste frappant avec certains pays nordiques, où ils sont pleinement intégrés à la vie publique. Faut-il y voir le symbole ou la conséquence d’un désir d’enfant qui s’effrite ? Quoi qu’il en soit, être parent aujourd’hui, c’est moins sexy qu’avant.

Le gouvernement s’est emparé du sujet et nous appelle à « réarmer démographiquement » le pays. Un discours complètement lunaire qui suppose qu’on puisse faire des enfants par devoir collectif, par patriotisme, plutôt que par simple désir d’accueillir la vie et d’élever un enfant. Non mais on est où là ?
On entend parler de solutions : une prime à la naissance de 1 000 € ou une aide mensuelle de quelques centaines d’euros jusqu’aux 20 ans de l’enfant. Mais le pompon sur la Garonne, c’est la décision d’écrire aux presque trentenaires pour leur parler horloge biologique et congélation d’ovocytes. Un move qui questionne sur l’ingérence de l’État dans notre intimité ; Macron, président ou parent ? On ne sait plus trop.

Au fond, la vraie constante chez nous, c’est le refus qu’on décide à notre place. « Mon corps, mon choix » fait aussi sens lorsqu’on parle de notre libre arbitre face à la natalité. Être parent ou non, plus tard ou jamais, faire carrière, réussir l’exploit de concilier les deux : ça relève d’abord de celles et ceux qui le vivent (eh oui, désolé Mamie). Malheureusement, on continuera d’en entendre parler le dimanche midi entre le fromage et le dessert. 

Notre avis sur la question, vous l’aurez deviné : Faisons déjà de notre mieux, avec l’idée que chacun puisse faire faire faire ce qui lui plaît plaît plaît.